STAPS Hub

Cours › Physiologie de l'exercice › Les filières énergétiques : ATP-PC, glycolyse, oxydation

L1

Les filières énergétiques : ATP-PC, glycolyse, oxydation

Le seul carburant directement utilisable par la fibre musculaire est l'ATP (adénosine triphosphate). Les stocks musculaires d'ATP sont minimes (quelques secondes de contraction maximale) : l'ATP doit donc être resynthétisé en continu par trois filières qui coexistent toujours, avec des contributions relatives qui dépendent de l'intensité et de la durée.

1. Filière anaérobie alactique (ATP-PC)

La phosphocréatine (PCr) cède son phosphate à l'ADP via la créatine kinase : PCr + ADP → Cr + ATP. C'est la filière de puissance maximale : démarrage immédiat, pas d'oxygène, pas de lactate. Sa capacité est faible (environ 6 à 10 secondes d'effort maximal). Exemple : un départ de 100 m, un saut, un lancer, une levée d'haltérophilie.

2. Filière anaérobie lactique (glycolyse)

Le glucose (ou le glycogène) est dégradé en pyruvate dans le cytosol, avec production nette de 2 ATP (3 à partir du glycogène). Quand le flux de pyruvate dépasse les capacités oxydatives, le pyruvate est réduit en lactate (et des ions H+ s'accumulent). Cette filière domine sur des efforts intenses d'environ 10 secondes à 2 minutes (400 m, 800 m, rounds de combat). Sa capacité est limitée par l'acidose, non par un manque de substrat.

3. Filière aérobie (oxydative)

Dans la mitochondrie, le pyruvate et les acides gras sont oxydés (cycle de Krebs, chaîne respiratoire, phosphorylation oxydative). Rendement élevé (environ 30 à 32 ATP par glucose) mais puissance plus faible et mise en route plus lente. Capacité quasi illimitée pour les efforts longs (marathon, cyclisme sur route).

FilièrePuissanceCapacitéDurée dominante
ATP-PCtrès élevéetrès faiblemoins de 10 s
Glycolyseélevéemoyenne10 s à 2 min
Oxydationmodéréetrès grandeplus de 2 min

Idée clé : il n'y a jamais d'interrupteur on/off. Sur un 800 m, la part aérobie dépasse déjà 50 % de l'énergie totale selon les estimations de la littérature. Ces proportions varient selon les études et les sujets : retenez des ordres de grandeur, pas des chiffres exacts.

🎯 À retenir

  • L'ATP est la seule source directe d'énergie de la contraction ; ses stocks sont très faibles.
  • ATP-PC : puissance maximale, capacité d'environ 6 à 10 s, sans oxygène ni lactate.
  • Glycolyse anaérobie lactique : efforts intenses de 10 s à 2 min, limitée par l'acidose.
  • Oxydation : puissance plus faible mais capacité quasi illimitée, rendement ATP élevé.
  • Les trois filières fonctionnent toujours ensemble ; seule leur contribution relative change.
PCr + ADP → Cr + ATP
Resynthèse par la créatine kinase
  • PCr : phosphocréatine
  • ADP : adénosine diphosphate
  • Cr : créatine
📌 Lors d'un sprint de 6 s, la PCr musculaire chute fortement, ce qui explique la baisse de puissance au-delà de 8 à 10 s.

⚠️ Erreurs fréquentes

  • Croire que le lactate est un « déchet » responsable des courbatures : c'est aussi un substrat énergétique, et les courbatures (DOMS) relèvent de lésions mécaniques.
  • Parler de « filière anaérobie ou aérobie » exclusive : les trois contribuent simultanément.

Pour s'entraîner

✅ QCM : Physiologie de l'exercice 🃏 Fiches

Calculateurs liés

Seuils lactiques et ventilatoires →