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Fatigue, surentraînement et affûtage (tapering)

Tout entraînement efficace crée de la fatigue. Le consensus européen et américain (Meeusen et al., 2013) distingue trois situations :

  • Surcharge fonctionnelle (FOR) : baisse temporaire de performance, suivie d'une amélioration après récupération ; elle est un outil volontaire de planification.
  • Surcharge non fonctionnelle (NFOR) : baisse de performance plus durable, avec symptômes psychologiques et physiologiques, lorsque l'équilibre entre charge et récupération n'est pas respecté.
  • Syndrome de surentraînement (OTS) : « inadaptation prolongée ». Les auteurs jugent NFOR et OTS très difficiles à distinguer autrement que par l'évolution clinique et l'exclusion d'autres causes (maladie, carences énergétiques ou en fer, dépression).

Aucun marqueur hormonal, de performance, psychologique, biochimique ou immunitaire ne remplit à lui seul les critères d'un diagnostic. Les durées de récupération usuelles (jours à semaines pour FOR, semaines à mois pour NFOR, davantage pour OTS) sont indicatives et à vérifier dans le texte intégral.

Surveillance

Des indicateurs simples sont utiles : sommeil, humeur, courbatures (questionnaires de bien-être), fréquence cardiaque de repos, variabilité de la FC, performance sur un test court (ex. CMJ), RPE par séance. Aucun n'est suffisant seul. L'équilibre « stress-récupération » s'évalue dans la durée plutôt qu'à un instant.

Affûtage

L'affûtage est une réduction progressive de la charge avant une compétition, pour dissiper la fatigue en conservant les adaptations. Deux sources lues :

  • Mujika et Padilla (2003) : garder l'intensité élevée, réduire fortement le volume (jusqu'à 60-90 %), réduire peu la fréquence (au plus environ 20 %) ; durée optimale très variable (de 4 à plus de 28 jours) ; un affûtage progressif non linéaire profite plus que l'affûtage en paliers ; gain typique d'environ 3 % de performance (de 0,5 à 6 % selon les cas).
  • Bosquet et al. (2007), méta-analyse de 27 études : la stratégie la plus favorable est un affûtage d'environ 2 semaines, avec une baisse exponentielle du volume de 41 à 60 %, l'intensité et la fréquence étant maintenues (tailles d'effet de 0,59 pour 2 semaines et de 0,72 pour 41-60 %).

Exemple : un coureur à 60 km par semaine descend progressivement sur 2 semaines vers environ 25 à 35 km par semaine en gardant quelques répétitions à allure de course. Des coureurs de classe mondiale commenceraient leur affûtage 7 à 10 jours avant l'objectif (Haugen et al., 2022). Un affûtage mal conduit (arrêt total, intensité réduite) conduit à une perte de forme. Les signes de maladie ou de douleurs persistantes imposent une consultation médicale.

🎯 À retenir

  • FOR, NFOR, OTS : continuum de fatigue avec durée de récupération croissante.
  • Pas de marqueur unique du surentraînement ; diagnostic d'exclusion.
  • Suivre sommeil, humeur, FC de repos, tests courts, RPE.
  • Affûtage (Bosquet, 2007) : ≈ 2 semaines, volume −41 à −60 % de façon exponentielle, intensité et fréquence maintenues.
  • Gain moyen de l'ordre de 3 % (0,5 à 6 %) selon Mujika et Padilla.
  • Symptômes durables : consulter un médecin.

⚠️ Erreurs fréquentes

  • Réduire l'intensité en même temps que le volume en affûtage.
  • Interpréter une fatigue passagère comme un surentraînement ou l'inverse.
  • Appliquer les 41-60 % de Bosquet comme une règle fixe : les durées et volumes optimaux varient selon le sport et l'athlète.

Pour s'entraîner

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