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Tendinopathies : modèle de charge et rééducation

Une tendinopathie est une douleur liée à la charge, localisée sur un tendon (achilléen, patellaire, coiffe des rotateurs, épicondyliens, moyen fessier), avec perte de capacité fonctionnelle. Le terme « tendinite » (inflammation) est le plus souvent inexact : l'histologie montre le plus souvent une désorganisation du collagène et une augmentation de la matrice, avec peu de cellules inflammatoires dans les formes chroniques.

Modèle continuum (Cook et Purdam)

  1. Tendinopathie réactive : réponse non inflammatoire à une surcharge aiguë, tendon épaissi.
  2. Dysréparation (tendon disrepair) : tentative de cicatrisation, désorganisation de la matrice.
  3. Tendinopathie dégénérative : zones de désorganisation, peu réversible.

Les phases ne sont pas strictement linéaires. Cook et Purdam (2009) présentent ce continuum comme un modèle explicatif destiné à placer les traitements de façon rationnelle selon le stade ; c'est une proposition soumise à évaluation, pas un diagnostic posé par un test unique. Le tendon réagit mal à une charge brusque (reprise après pause, augmentation du volume de sauts ou de course).

Prise en charge

  • Gérer la charge (réduire sans arrêter totalement) selon la douleur tolérable.
  • Exercices isométriques (analgésie transitoire possible mais inconstante), puis renforcement lent et lourd, puis charge énergétique (sauts, course).
  • Programmes classiques à titre d'exemple : exercices excentriques d'Alfredson et renforcement lent et lourd (HSR, heavy slow resistance). Un essai randomisé (Beyer et coll., 2015) a comparé les deux chez 58 patients atteints d'une tendinopathie achilléenne chronique du corps du tendon, pendant 12 semaines : douleur et score VISA-A s'améliorent de façon comparable, avec des gains maintenus à 52 semaines et sans différence significative entre les groupes ; l'adhésion était meilleure avec le HSR (92 % contre 78 %). Aucun programme n'est « magique » : la progressivité compte plus que le type de contraction, et ces résultats concernent l'Achille, pas tous les tendons.
  • Les infiltrations de corticoïdes ne relèvent jamais de l'éducateur et sont discutées par les médecins.

Exemple : un coureur augmente son kilométrage de 40 % en une semaine et développe une douleur matinale d'Achille au niveau du corps tendineux. Il réduit le volume, remplace en partie par du vélo, entame des mollets debout en lourd. Erreur fréquente : arrêt total prolongé (déconditionnement du tendon) ou, à l'inverse, poursuite à l'identique en « serrant les dents ». Une douleur au talon avec craquement soudain ou impossibilité de se mettre sur la pointe des pieds suggère une rupture : consultation urgente.

🎯 À retenir

  • Tendinopathie = douleur liée à la charge, pas une simple « inflammation ».
  • Modèle continuum : réactive, dysréparation, dégénérative.
  • Gérer la charge plutôt que stopper complètement.
  • Renforcement progressif : isométrique, lent et lourd, puis énergétique.
  • Achille chronique : excentrique (Alfredson) et HSR donnent des résultats comparables à 12 et 52 semaines (Beyer 2015).
  • Rupture suspectée (claquement, impossibilité de pointe) : urgence médicale.

⚠️ Erreurs fréquentes

  • Parler de tendinite ; repos complet de plusieurs semaines ; reprise brutale à pleine charge.

Pour s'entraîner

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