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Préparation de la femme athlète : cycle menstruel, RED-S et grossesse

Pendant longtemps, les recommandations ont été fondées sur des études menées surtout chez des hommes. Les connaissances sur la physiologie féminine se développent, mais le niveau de preuve reste souvent limité.

Cycle menstruel et performance

La méta-analyse de McNulty et collaborateurs (2020, Sports Medicine, 50:1813-1827) regroupe 78 études et conclut que la performance pourrait être très légèrement diminuée en début de phase folliculaire par rapport aux autres phases, mais avec un effet trivial et une grande variabilité entre études ; la qualité des études est faible, notamment parce que la phase du cycle est mal vérifiée. Les auteurs recommandent donc une approche individualisée et non des règles générales. En pratique, on suit la régularité du cycle, les symptômes (douleurs, fatigue, troubles du sommeil) et leur lien avec l'entraînement, et l'on adapte la séance à l'athlète du jour. Un cycle absent ou irrégulier n'est pas un signe d'adaptation normale : il justifie une consultation.

Déficit énergétique relatif (REDs)

Le consensus du Comité international olympique (Mountjoy et collaborateurs, 2023, British Journal of Sports Medicine) actualise le concept de REDs : un déficit énergétique, c'est-à-dire un apport insuffisant pour couvrir la dépense du sport et les fonctions physiologiques, peut altérer plusieurs systèmes (reproducteur, osseux, métabolique, immunitaire, psychologique) et réduire la performance. Il concerne les femmes et les hommes. L'exposition à une faible disponibilité énergétique est décrite comme adaptable ou problématique selon les facteurs individuels, et le texte introduit un outil clinique d'évaluation (REDs CAT2) et des principes de dépistage, de prévention et de prise en charge. Les mesures de composition corporelle doivent être réalisées avec prudence.

  • Signes d'alerte : perte de poids involontaire, fatigue persistante, blessures osseuses répétées, aménorrhée, troubles alimentaires.
  • Rôle du préparateur : repérer, orienter vers l'équipe médicale, et éviter les commentaires sur le poids ; il ne pose pas de diagnostic.

Spécificités mécaniques et traumatologiques

Les femmes présentent un risque plus élevé de rupture du ligament croisé antérieur dans les sports de pivot-réception. Les programmes de prévention (force, plyométrie, équilibre, techniques de réception) sont recommandés dès le jeune âge.

Grossesse et post-partum

L'activité physique est recommandée pendant une grossesse sans complication (recommandations de l'OMS et d'autorités obstétricales). L'adaptation de la charge, la surveillance de la fréquence cardiaque perçue, l'éviter des sports à risque de chute ou de contact et la reprise progressive après l'accouchement (avec évaluation du plancher pelvien et de la sangle abdominale) demandent un suivi médical. Les décisions individuelles relèvent de l'équipe de santé.

🎯 À retenir

  • L'effet du cycle menstruel sur la performance est trivial en moyenne et varie selon les individus.
  • Il faut individualiser plutôt qu'appliquer des règles générales par phase du cycle.
  • Un déficit énergétique relatif touche plusieurs systèmes et concerne aussi les hommes.
  • Le préparateur dépiste et oriente, il ne diagnostique pas.
  • La prévention du croisé antérieur est recommandée chez la femme athlète.
  • Grossesse et post-partum nécessitent un suivi médical et une progression adaptée.

⚠️ Erreurs fréquentes

  • Programmer par phase du cycle sans tenir compte de la réponse individuelle.
  • Faire des remarques sur le poids ou la composition corporelle d'une athlète.

Pour s'entraîner

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