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Exercice en altitude

En altitude, la fraction d'oxygène dans l'air reste de 20,9 %, mais la pression barométrique diminue, donc la pression partielle d'O2 (PO2) aussi. À 3 000 m, la pression barométrique est d'environ 70 % de celle du niveau de la mer (la PO2 inspirée, corrigée de la vapeur d'eau, est un peu plus basse : calcul à la main, environ 67 %). La saturation artérielle en O2 (SaO2) baisse, ce qui réduit la VO2max.

Effets aigus

  • VO2max : baisse d'environ 6 % par tranche de 1 000 m chez des sportifs entraînés exposés de façon aiguë (6,3 % par 1 000 m entre 300 et 2 800 m chez 8 athlètes en chambre hypobare, VO2max d'environ 66 à 55 mL/min/kg, Wehrlin et Hallén 2006, résumé lu) ; la baisse débute dès 300-800 m chez l'entraîné et reste variable entre individus. Au-delà de 2 800 m, l'extrapolation n'est pas démontrée par cette étude.
  • Hyperventilation hypoxique, tachycardie accrue à charge sous-maximale, diurèse et baisse du volume plasmatique.
  • Les efforts brefs et anaérobies sont peu touchés (et l'air moins dense favorise les sprints) ; les efforts d'endurance le sont fortement.

Acclimatation

Sur plusieurs jours à semaines : augmentation de la ventilation, élévation de l'EPO puis de la masse d'hémoglobine (le processus demande généralement 2 à 3 semaines ou plus à altitude suffisante), tamponnement amélioré, meilleure extraction d'O2. L'acclimatation ne ramène jamais la VO2max au niveau de la mer.

Stratégies d'entraînement

  • Live high – train low (Levine et Stray-Gundersen, 1997, résumé lu) : 39 coureurs, 4 semaines, vivre vers 2 500 m et s'entraîner vers 1 250 m ; seul ce groupe a amélioré son 5 000 m (environ 13 s), avec une hausse d'environ 5 % de la VO2max et d'environ 9 % de la masse érythrocytaire. Bénéfices variables selon les individus.
  • Live high – train high : stimulus hématologique, mais intensité d'entraînement réduite.
  • Entraînement en hypoxie intermittente : résultats plus mitigés.

Risques

Mal aigu des montagnes (céphalées, nausées, insomnie) dès 2 500 m environ, œdème pulmonaire (OPHA) et cérébral (OCHA) d'altitude pouvant mettre la vie en danger. Toute altitude élevée nécessite une progression lente et un avis médical en cas de symptômes ou d'antécédents.

Exemple : un coureur de 70 mL/min/kg au niveau de la mer pourrait descendre autour de 57 à 58 mL/min/kg à 3 000 m (environ -6 % par 1 000 m, soit -18 %, ordre de grandeur), ce qui impose de réduire les vitesses d'allure de manière significative.

🎯 À retenir

  • En altitude, la fraction d'O2 est inchangée mais la PO2 baisse avec la pression barométrique.
  • VO2max diminue d'environ 6 % par 1 000 m chez l'entraîné (Wehrlin et Hallén 2006, ordre de grandeur).
  • L'acclimatation (ventilation, EPO, hémoglobine) prend de quelques jours à plusieurs semaines.
  • Live high - train low est la stratégie la mieux documentée.
  • Le mal aigu des montagnes et les œdèmes d'altitude imposent prudence et suivi médical.

⚠️ Erreurs fréquentes

  • Dire que « l'air contient moins d'oxygène » : c'est la pression partielle qui baisse, pas la fraction.
  • Penser que l'altitude améliore systématiquement la performance au niveau de la mer.

Pour s'entraîner

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