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Maladies cardiovasculaires et réadaptation cardiaque

Les maladies cardiovasculaires (coronaropathie, infarctus, insuffisance cardiaque, hypertension, artériopathie des membres inférieurs) comptent parmi les premières causes de morbi-mortalité en France. L'activité physique régulière réduit la mortalité cardiovasculaire, améliore la capacité fonctionnelle et la qualité de vie. Les recommandations de prévention de l'ESC (2021) reprennent le repère de 150 à 300 minutes par semaine d'intensité modérée.

La réadaptation cardiaque

Programme multidisciplinaire (médecin, infirmier, kinésithérapeute, enseignant APA, diététicien, psychologue) proposé après un syndrome coronarien, une chirurgie cardiaque ou en insuffisance cardiaque chronique. Elle s'articule classiquement en trois temps : phase hospitalière précoce, phase de réentraînement supervisé (en centre ou en ambulatoire, souvent plusieurs semaines) et phase de maintien au long cours, où l'APA prend une place centrale. L'épreuve d'effort ou le test cardio-pulmonaire initial sert à fixer l'intensité et à dépister arythmies ou ischémie.

Modalités d'entraînement

  • Endurance continue d'intensité modérée : base du programme, 3 à 5 jours par semaine.
  • Intervalles (HIIT) : alternance de phases intenses et récupérations, possible après évaluation, en milieu encadré ; les données montrent un gain de capacité aérobie au moins équivalent, mais la sécurité dépend de la sélection des patients.
  • Renforcement musculaire à charge modérée, sans blocage respiratoire (manœuvre de Valsalva).

Spécificités

  • Bêtabloquants : FC plafonnée, on utilise la perception de l'effort (Borg 11-14) ou la FC de séance définie lors de l'épreuve d'effort.
  • Hypertension : éviter l'effort maximal et le Valsalva ; PA de repos très élevée (par exemple > 180/110 mmHg) = avis médical avant effort.
  • Insuffisance cardiaque : surveiller prise de poids rapide, œdèmes, essoufflement inhabituel.
  • Artériopathie : marche jusqu'à douleur modérée, repos, reprise (entraînement à la marche).
  • Défibrillateur ou pacemaker : respecter la FC limite définie par le cardiologue.

Signaux d'arrêt immédiat

Douleur ou oppression thoracique, essoufflement disproportionné, palpitations, malaise, pâleur, sueurs froides, vertiges. Arrêter, allonger ou asseoir la personne, prévenir selon le protocole de la structure et appeler le 15 si besoin. Les gestes de premiers secours et le défibrillateur doivent être maîtrisés.

Exemple : patient de 55 ans, 8 semaines après infarctus. Séances en centre : 10 min d'échauffement, 25 min de vélo à Borg 12-13, renforcement léger, récupération 10 min. Erreur fréquente : arrêter le programme à la fin de la phase supervisée, alors que le bénéfice dépend de la poursuite.

Rappel : outil pédagogique, jamais un avis médical. Toute situation clinique réelle relève du médecin prescripteur et de l'équipe soignante.

🎯 À retenir

  • ESC 2021 : 150-300 min/semaine d'intensité modérée en prévention cardiovasculaire.
  • La réadaptation cardiaque est multidisciplinaire et comporte une phase de maintien à long terme.
  • L'épreuve d'effort initiale fixe l'intensité et dépiste ischémie et arythmies.
  • Sous bêtabloquants, utiliser la perception de l'effort plutôt que la seule FC.
  • Éviter le Valsalva en renforcement chez le patient cardiaque ou hypertendu.
  • Douleur thoracique ou malaise : arrêt immédiat et alerte médicale.

⚠️ Erreurs fréquentes

  • Appliquer une formule de FC maximale théorique à un patient sous bêtabloquants.
  • Négliger la phase de maintien : l'efficacité disparaît à l'arrêt.

Pour s'entraîner

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