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RED-S, triade de l'athlète et troubles alimentaires
Avertissement : ce chapitre est pédagogique. Les troubles du comportement alimentaire (TCA) et le RED-S nécessitent une prise en charge médicale et pluridisciplinaire. Si vous ou un sportif de votre entourage êtes concerné, orientez vers un médecin, un psychologue ou psychiatre et un diététicien.
Disponibilité énergétique
La disponibilité énergétique (DE ou EA) est l'énergie restant pour les fonctions physiologiques une fois la dépense d'exercice déduite : EA = (apport énergétique − dépense liée à l'exercice) / masse maigre, en kcal/kg MM/jour. Une valeur autour de 45 kcal/kg MM/j est citée comme optimale pour l'équilibre (mise à jour du CIO, 2018, d'après des études de laboratoire chez des femmes) ; le repère de 30 kcal/kg MM/j comme seuil d'alerte vient d'études de courte durée chez des femmes sédentaires, et il ne prédit pas l'aménorrhée chez toutes. Le CIO 2023 décrit plutôt la faible disponibilité énergétique comme un continuum, d'« adaptable » à « problématique », que comme un seuil unique : ces valeurs sont des repères discutés, jamais un diagnostic, et les méthodes d'estimation restent imparfaites.
Triade de l'athlète féminine et RED-S
La triade (ACSM, 2007) associe disponibilité énergétique faible (avec ou sans trouble alimentaire), dysfonction menstruelle (jusqu'à l'aménorrhée) et densité osseuse basse. Le concept de RED-S (Relative Energy Deficiency in Sport, CIO 2014, mis à jour en 2018 puis en 2023, où l'acronyme s'écrit « REDs ») l'élargit à l'ensemble des fonctions touchées (métabolique, endocrinienne, osseuse, cardiovasculaire, immunitaire, digestive, psychologique) et aux hommes. Les conséquences incluent fractures de fatigue, blessures et maladies répétées, fatigue, perte de performance, troubles du rythme cardiaque et de l'humeur.
Troubles du comportement alimentaire
Anorexie mentale, boulimie, hyperphagie boulimique, orthorexie (obsession de l'alimentation « pure ») : le risque est plus élevé dans les sports esthétiques, d'endurance, à catégories de poids et à contrainte corporelle. Les facteurs déclenchants incluent la pression sur le poids, les régimes restrictifs précoces et les commentaires sur le corps.
Signaux d'alerte
- Perte de poids rapide ou obsession du poids et des calories, pesées fréquentes.
- Restriction de groupes d'aliments, rituels, isolement lors des repas, repas évités.
- Entraînement compulsif, refus du repos, entraînement malgré blessure.
- Irrégularités ou arrêt des règles, fatigue, froid, blessures osseuses répétées, vomissements.
Attitude de l'encadrant
Ne pas diagnostiquer, ne pas peser publiquement, ne pas commenter le corps. Parler en privé, avec bienveillance, sur des faits observés (fatigue, performance), et orienter vers un professionnel de santé (médecin du sport, psychiatre, psychologue, diététicien). La prise en charge précoce améliore le pronostic. Les ressources d'aide existent en France (médecin traitant, services d'addictologie et de TCA, lignes d'écoute dédiées) ; vérifier les coordonnées à jour.
🎯 À retenir
- EA = (apport − dépense d'exercice) / masse maigre ; environ 45 kcal/kg MM/j cité comme optimal, moins de 30 comme repère d'alerte (seuils discutés, continuum selon le CIO 2023).
- La triade : DE faible, dysfonction menstruelle, densité osseuse basse.
- RED-S (CIO 2014, 2018, 2023) : atteinte multisystémique, concerne aussi les hommes.
- Sports esthétiques, d'endurance et à catégories de poids : populations à risque.
- Signaux d'alerte : restriction, obsession du poids, entraînement compulsif, règles irrégulières.
- L'encadrant n'établit pas de diagnostic : il oriente vers un professionnel.
- EI : apport énergétique (kcal/j)
- EEE : dépense liée à l'exercice (kcal/j)
- MM : masse maigre (kg)
⚠️ Erreurs fréquentes
- Se fier au poids ou à l'apparence pour repérer un trouble : un athlète peut avoir un poids normal.
- Féliciter une perte de poids rapide sans s'interroger sur ses causes.
Pour s'entraîner
✅ QCM : Nutrition du sportif et santé 🃏 Fiches