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Cancers : pendant et après traitement

L'activité physique est considérée comme sûre et bénéfique pendant et après les traitements du cancer. L'expertise collective de l'Inserm (2019) rapporte des effets sur la fatigue, la qualité de vie, l'anxiété, la dépression, la condition physique, et des données associant une activité régulière à un meilleur pronostic pour certains cancers (sein, côlon, prostate), sans que la causalité soit établie pour tous. L'American College of Sports Medicine (table ronde de 2019) recommande, pour les adultes en cours de traitement ou après, d'éviter l'inactivité et de viser au moins trois séances d'aérobie modérée de 30 minutes par semaine, plus au moins deux séances de renforcement (au moins 2 séries de 8 à 15 répétitions à au moins 60 % de 1RM), en adaptant les volumes à la tolérance de chacun, y compris en dessous de ces valeurs ; les programmes supervisés semblent plus efficaces.

Objectifs selon la période

  • Avant et pendant la chimiothérapie, radiothérapie : maintenir la capacité fonctionnelle et la masse musculaire, lutter contre la fatigue, s'adapter aux cycles de traitement (jours de nadir).
  • Après chirurgie : reprise progressive selon consignes du chirurgien (mobilisation d'épaule après chirurgie du sein, cicatrices, drains).
  • Après traitement : retrouver la condition physique, gérer les séquelles, installer une pratique pérenne.
  • Soins palliatifs : confort, autonomie, préservation du mouvement ; objectifs adaptés au jour le jour.

Adaptations et précautions

  • Fatigue liée au cancer : programmer au meilleur moment de la journée, séances courtes, fractionnées.
  • Cytopénies : neutropénie (risque infectieux, éviter piscines publiques et lieux bondés) ; thrombopénie (risque hémorragique, éviter les chocs) ; anémie (essoufflement, fatigue). Les seuils biologiques de contre-indication sont fixés par l'oncologue : ne pas appliquer de seuil universel.
  • Métastases osseuses : limiter les contraintes sur le segment fragile, avis médical impératif.
  • Neuropathie périphérique : équilibre et chutes, adapter les exercices.
  • Lymphœdème : renforcement progressif toléré avec contention selon avis médical, surveillance du volume du membre.
  • Cardiotoxicité de certains traitements : avis cardiologique, surveillance de la tolérance à l'effort.
  • Fièvre, douleur nouvelle, saignement : stop et avis médical.

Exemple : femme de 52 ans sous chimiothérapie pour un cancer du sein. Marche de 20 minutes à Borg 11-12, renforcement doux des grands groupes musculaires, séances ajustées selon la fatigue et les analyses. Après traitement, progression vers 150 minutes par semaine.

Erreur fréquente : conseiller le repos prolongé « pour économiser ses forces », ce qui aggrave fatigue et déconditionnement ; ou au contraire pousser sans tenir compte de la numération sanguine.

Rappel : outil pédagogique, jamais un avis médical. Toute situation clinique réelle relève du médecin prescripteur et de l'équipe soignante.

🎯 À retenir

  • L'activité physique est sûre et bénéfique pendant et après le traitement (Inserm 2019, ACSM 2019).
  • ACSM : environ 3 × 30 min d'aérobie modérée + 2 séances de renforcement par semaine.
  • Adapter à la fatigue, aux cycles de traitement et aux cytopénies.
  • Les seuils biologiques de contre-indication sont décidés par l'oncologue.
  • Métastases osseuses et neuropathie : avis médical et adaptations.
  • Le repos prolongé aggrave fatigue et déconditionnement.

⚠️ Erreurs fréquentes

  • Appliquer un seuil de globules blancs ou de plaquettes « universel » trouvé en ligne.
  • Négliger la dimension psychosociale : l'APA rompt aussi l'isolement.

Pour s'entraîner

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