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Cours › Santé publique, épidémiologie et prévention › Biais, facteurs de confusion et causalité

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Biais, facteurs de confusion et causalité

Une association observée peut s'expliquer par le hasard, un biais, une confusion ou une vraie relation causale. La démarche critique consiste à éliminer les trois premières explications.

Les biais

  • Biais de sélection : les participants ne représentent pas la population cible (volontaires plus sportifs et en meilleure santé : « effet du volontaire sain »).
  • Biais d'information (mesure) : mesure différente selon les groupes. Biais de mémoire dans les cas-témoins, déclaration d'activité physique surestimée par questionnaire.
  • Biais de survie / causalité inverse : une personne malade devient inactive, et l'on croit que l'inactivité cause la maladie.

Confusion

Un facteur de confusion est associé à l'exposition et à la maladie, sans être sur la chaîne causale entre les deux. Exemple : la consommation de café semble liée au cancer du poumon, mais les fumeurs boivent plus de café. On contrôle la confusion à la conception (randomisation, restriction, appariement) ou à l'analyse (stratification, ajustement par régression). Ajuster ne marche que pour les facteurs mesurés ; la confusion résiduelle demeure.

Critères de causalité

Bradford Hill (1965) propose des critères d'appréciation, pas une grille mécanique : force de l'association, constance entre études, spécificité, temporalité (seul critère indispensable : la cause précède l'effet), gradient dose-réponse, plausibilité biologique, cohérence, preuve expérimentale, analogie.

Hiérarchie des preuves et lecture critique

Revue systématique et méta-analyse d'essais randomisés, essai randomisé, cohorte, cas-témoins, série de cas. Cette hiérarchie est un guide : un essai mal conduit vaut moins qu'une cohorte rigoureuse. Pour juger une étude, on se pose des questions simples : population, mesure de l'exposition, mesure de l'événement, durée de suivi, perdus de vue, ajustement, conflits d'intérêts.

Exemple APA : des cohortes montrent que les personnes actives vivent plus longtemps ; l'essai randomisé permet de vérifier que l'entraînement améliore des marqueurs (VO₂max, pression artérielle) et que l'effet n'est pas dû qu'à la sélection de personnes déjà en bonne santé.

🎯 À retenir

  • Une association peut venir du hasard, d'un biais, d'une confusion ou d'une causalité.
  • Biais de sélection, d'information et causalité inverse sont les plus fréquents.
  • Un facteur de confusion est lié à l'exposition et à la maladie, hors de la chaîne causale.
  • Randomisation, appariement, stratification et ajustement contrôlent la confusion.
  • Bradford Hill 1965 : la temporalité est le seul critère indispensable.
  • La confusion résiduelle persiste pour les facteurs non mesurés.

⚠️ Erreurs fréquentes

  • Penser qu'un ajustement statistique supprime toute confusion.
  • Prendre les critères de Bradford Hill pour une check-list qui prouve la causalité.

Pour s'entraîner

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