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Cours › Psychologie du développement, sociale et cognitive appliquée aux APS › Agression, violence et fair-play

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Agression, violence et fair-play

L'agression est un comportement visant à nuire à un autre qui cherche à l'éviter. La violence désigne une agression grave, physique ou psychique. Le sport est ambigu : il canalise la compétition, mais peut aussi légitimer l'agression.

Types d'agression

On distingue l'agression hostile (réactive, impulsive, motivée par la colère, le but est de nuire) et l'agression instrumentale (calculée, le but est de gagner : une faute tactique qui stoppe une contre-attaque). Il faut aussi distinguer l'assertivité (engagement intense dans les règles) de l'agression : un plaquage correct est assertif.

Théories explicatives

  • Frustration-agression (Dollard et al., 1939) : la frustration engendre l'agression ; Berkowitz (1989) l'a reformulée : elle crée un affect négatif, et des indices situationnels déclenchent l'agression.
  • Apprentissage social (Bandura, 1961, expérience de la poupée Bobo) : l'enfant imite des modèles agressifs, surtout s'ils sont récompensés.
  • Modèle général d'agression (Anderson et Bushman, 2002) : facteurs personnels et situationnels, affect, cognition et activation, aboutissant à des décisions.
  • Raisonnement moral (Bredemeier et Shields) : dans le sport, certains joueurs suspendent la morale ordinaire («c'est le jeu») : le «bracketed morality».

Facteurs de risque en sport

Enjeu du score, chaleur, public hostile, arbitrage perçu comme injuste, approbation tacite de l'entraîneur et des pairs, modèles médiatiques, fatigue et alcool. Les sports de contact ne sont pas «violents» par nature : ce sont les normes du groupe qui font la différence.

Fair-play et prévention

Le fair-play est une attitude de respect des règles, de l'adversaire et de l'arbitre. Le Conseil de l'Europe a adopté en 1992 un Code d'éthique sportive (Recommandation R (92) 14), révisé en 2001 puis remplacé par la version révisée de la Recommandation CM/Rec(2010)9 (16 juin 2010), qui est à ma connaissance la plus récente (selon les résultats de recherche, aucune révision plus récente n'a été confirmée ; texte officiel non relu). En France, les violences, le harcèlement et les violences sexuelles dans le sport relèvent du Code pénal et des procédures disciplinaires fédérales ; le ministère chargé des Sports gère une cellule nationale de traitement des signalements, créée fin 2019, jointe via l'adresse Signal-Sports (signal-sports@sports.gouv.fr selon la page du ministère) : vérifier les modalités actuelles sur sports.gouv.fr. Prévention : règles claires, sanctions graduées et cohérentes, éducation à la régulation émotionnelle, modèles positifs, formation des éducateurs et des arbitres.

L'éducateur qui apprend qu'un jeune est victime ou auteur de violences n'enquête pas seul : il protège, signale et oriente.

🎯 À retenir

  • Agression hostile (réactive) contre instrumentale (calculée) ; l'assertivité n'est pas une agression.
  • Frustration-agression (Dollard, 1939) reformulée par Berkowitz (1989).
  • Bandura (1961) : l'agression s'apprend par observation et renforcement.
  • Modèle général d'agression (Anderson et Bushman, 2002) : personne, situation, affect, cognition.
  • Les normes du groupe et des adultes encadrants déterminent le niveau de violence toléré.
  • Devoir de signalement et de protection : l'éducateur n'enquête pas seul.

⚠️ Erreurs fréquentes

  • Assimiler un sport de contact à de la violence.
  • Banaliser une agression au nom de «l'esprit du jeu» : cela renforce la norme permissive.

Pour s'entraîner

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