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Hormones et récepteurs : stéroïdes, peptides et dopage biochimique

Une hormone se lie à un récepteur spécifique et déclenche une réponse cellulaire. On distingue deux grandes familles. Les hormones stéroïdes (testostérone, œstrogènes, cortisol, aldostérone), dérivées du cholestérol, sont lipophiles : elles traversent la membrane, circulent liées à des protéines de transport et se lient à des récepteurs intracellulaires. Le complexe hormone-récepteur gagne le noyau, se fixe à des éléments de réponse de l'ADN et modifie la transcription (action génomique, lente, de l'ordre de l'heure, et durable). Les hormones peptidiques (insuline, glucagon, GH, EPO, IGF-1) sont hydrophiles et se lient à des récepteurs membranaires : récepteurs à activité tyrosine kinase (insuline, IGF-1), récepteurs couplés aux protéines G (glucagon, adrénaline, via l'AMPc) ou récepteurs de cytokines (GH, EPO, via JAK/STAT). L'effet est rapide, par cascade de phosphorylations. Les catécholamines, dérivées de la tyrosine, se comportent comme les hormones peptidiques.

Mécanismes d'action des substances dopantes

Les éléments ci-dessous décrivent des mécanismes à des fins pédagogiques, non des méthodes d'usage. La Liste des interdictions de l'Agence mondiale antidopage (AMA/WADA) pour 2026, en vigueur depuis le 1er janvier 2026, interdit en permanence les agents anabolisants (S1), les hormones peptidiques, facteurs de croissance et mimétiques (S2) ; elle est actualisée chaque année et c'est elle seule qui fait foi. Les méthodes interdites (M1) concernent aussi la manipulation du sang et de ses composants ; selon les communiqués de l'AMA relayés par le Comité international paralympique, la liste 2026 ajoute l'usage non diagnostique du monoxyde de carbone (M1.4) et précise les règles sur les prélèvements de sang.

  • EPO : glycoprotéine produite par le rein, sous contrôle de HIF-2α. Elle se lie à son récepteur sur les précurseurs érythroïdes et stimule l'érythropoïèse, augmentant l'hématocrite et la capacité de transport d'O2. Risques : hyperviscosité, thromboses. Les méthodes de détection reposent sur la différence de glycosylation entre EPO endogène et recombinante et sur le passeport biologique de l'athlète (suivi longitudinal de paramètres sanguins).
  • Stéroïdes anabolisants androgéniques : agonistes du récepteur aux androgènes, ils augmentent la synthèse protéique et le nombre de noyaux. Risques : cardiovasculaires, hépatiques, inhibition de l'axe hypothalamo-hypophysaire (atrophie testiculaire), effets psychiques. La détection associe chromatographie-spectrométrie de masse et analyse du rapport isotopique du carbone.
  • Hormone de croissance (GH) : stimule la libération hépatique d'IGF-1 et la lipolyse. Les preuves d'un gain de force sont limitées, avec des risques métaboliques (résistance à l'insuline, acromégalie). La détection passe par des tests d'isoformes et des biomarqueurs.

L'usage de ces substances relève du droit du sport (module de droit) et de la santé publique ; seul un professionnel de santé peut prescrire un traitement hormonal licite.

🎯 À retenir

  • Stéroïdes : récepteurs intracellulaires, action génomique lente.
  • Peptides et catécholamines : récepteurs membranaires, seconds messagers rapides.
  • EPO : érythropoïèse, hausse de l'hématocrite, risque thrombotique.
  • Les stéroïdes anabolisants activent le récepteur aux androgènes (S1).
  • La liste de l'AMA est annuelle ; en 2026, elle est en vigueur depuis le 1er janvier.

⚠️ Erreurs fréquentes

  • Penser que toute hormone agit sur le noyau : les peptides passent par des seconds messagers.
  • Confondre GH et IGF-1.
  • Se fier à une liste de substances ancienne : consulter la liste officielle en vigueur.

Pour s'entraîner

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