L2
Malaises et douleur thoracique
Un malaise est une sensation pénible, transitoire ou durable, qui fait craindre une maladie ou une complication : vertige, faiblesse, sueurs, nausées, palpitations, vision trouble, perte de connaissance brève. À l'effort, il peut révéler une cardiopathie jusque-là ignorée.
Conduite générale devant un malaise
- Arrêter l'effort, installer la victime dans la position où elle se sent le mieux (allongée si pâleur ou sueurs, demi-assise si gêne respiratoire).
- Rassurer, interroger : début, durée, antécédents, traitement, dernier repas, hydratation.
- Alerter le 15 pour recueillir des conseils ; ne pas laisser la victime seule ; couvrir si elle a froid.
- Surveiller conscience et respiration ; si elle perd connaissance, appliquer la conduite devant une victime inconsciente.
Douleur thoracique
Une douleur serrant la poitrine, irradiant au bras gauche, à la mâchoire ou au dos, avec sueurs, essoufflement ou nausées, peut annoncer un infarctus du myocarde. À l'effort, toute douleur thoracique doit faire arrêter la séance. Appeler le 15 sans attendre, installer la victime en position demi-assise, la laisser au repos, surveiller. La prise d'un médicament (aspirine, trinitrine) n'est pas un geste de secouriste : elle ne se fait que sur indication du médecin régulateur ou de l'ordonnance de la victime, selon les consignes du 15.
Autres malaises fréquents en sport
- Malaise vagal : pâleur, sueurs, bradycardie, souvent après douleur ou émotion ; allonger la victime, alerter le 15 pour avis (gestes complémentaires à vérifier dans le référentiel PSC en vigueur).
- Hypoglycémie (diabétique) : sueurs, tremblements, confusion ; si consciente, du sucre selon la formation et l'accord du 15 ; si inconsciente, ne rien faire boire, alerter.
- Crise d'asthme : respiration sifflante, gêne ; aider la victime à utiliser son bronchodilatateur, position assise, alerte si la crise ne cède pas.
- Allergie grave (anaphylaxie) : gonflement du visage, difficulté respiratoire, malaise après piqûre ou aliment ; aider à utiliser l'auto-injecteur d'adrénaline de la victime, alerter immédiatement.
- AVC : visage qui s'affaisse, bras qui retombe, trouble de la parole, urgence absolue ; noter l'heure d'apparition des signes et alerter.
Mort subite du sportif
Le sportif qui s'écroule brutalement sans raison apparente est présumé en arrêt cardiaque jusqu'à preuve du contraire. Il faut débuter la RCP et utiliser le DAE immédiatement. Une visite médicale et les antécédents familiaux ne suppriment pas ce risque, mais le réduisent.
Exemple : un joueur de 45 ans en tournoi loisir signale une barre thoracique. L'éducateur stoppe le jeu, alerte, assoit le joueur, apporte le DAE à proximité. Erreur fréquente : « il va se remettre, c'est la fatigue » et le renvoyer sur le terrain.
🎯 À retenir
- Malaise : arrêter l'effort, installer, rassurer, alerter, surveiller.
- Douleur thoracique à l'effort : arrêt immédiat et appel du 15.
- Aspirine ou trinitrine : uniquement sur indication médicale (régulateur, ordonnance).
- Anaphylaxie : aider à utiliser l'auto-injecteur d'adrénaline et alerter.
- S'effondrer brutalement à l'effort = arrêt cardiaque présumé : RCP et DAE.
⚠️ Erreurs fréquentes
- Minimiser une douleur thoracique ; renvoyer le sportif sur le terrain ; donner un médicament sans avis.
Pour s'entraîner
✅ QCM : Secourisme, sécurité des APS et gestion des risques 🃏 Fiches
Calculateurs liés
- Minuterie de cycles de RCP (30:2)
- Nombre d'encadrants selon un taux d'encadrement
- Indice de chaleur (formule de régression NWS)
- Refroidissement éolien (température ressentie par grand froid)
← Arrêt cardiaque : RCP et défibrillateur automatisé externe Traumatismes : membres, rachis, tête et commotion →