STAPS Hub

Cours › Psychologie du développement, sociale et cognitive appliquée aux APS › Influence sociale : normes, conformité (Sherif, Asch) et obéissance (Milgram)

L1

Influence sociale : normes, conformité (Sherif, Asch) et obéissance (Milgram)

La psychologie sociale étudie comment les pensées, sentiments et comportements d'une personne sont influencés par la présence réelle, imaginée ou implicite d'autrui. Trois expériences classiques structurent le chapitre.

Sherif : l'effet autocinétique et la norme de groupe

Sherif (1935) utilise une illusion : un point lumineux fixe dans le noir semble bouger. Seuls, les sujets donnent une estimation stable propre à chacun ; en groupe, ils convergent vers une norme commune, qui persiste chez eux quand ils sont de nouveau seuls. C'est l'influence informationnelle : en situation d'incertitude, autrui sert de source d'information. La date est parfois donnée comme 1935 ou 1936 selon les sources : 1935 est la référence la plus fréquente.

Asch : la conformité face à une réponse manifestement fausse

Asch (années 1950) montre trois lignes à comparer à une ligne étalon. Des complices donnent à l'unanimité une réponse fausse. Environ un tiers des réponses des sujets naïfs ont été conformes (de l'ordre de 32 à 37 % selon les sources et les conditions) et la majorité des sujets ont cédé au moins une fois (environ 75 % selon les présentations usuelles ; certaines sources donnent 76 %, d'où l'usage de «environ trois quarts»). C'est l'influence normative : on se conforme pour être accepté. Ce n'est pas de la naïveté : un seul allié dissident réduit fortement la conformité.

Milgram : l'obéissance à l'autorité

Milgram (1963) demande à des participants d'administrer à un «élève» (complice) des chocs électriques fictifs d'intensité croissante, sur injonction d'un expérimentateur. Dans la condition de base, 26 des 40 participants (65 %) vont jusqu'au maximum de 450 volts. L'obéissance diminue quand l'autorité est éloignée, que la victime est proche ou que des pairs désobéissent. Ces travaux ont été critiqués sur le plan éthique (stress des participants, tromperie) et méthodologique, et ont conduit à des réglementations de la recherche. Burger (2009) a répliqué partiellement l'étude en s'arrêtant à 150 V, pour des raisons éthiques.

Applications sportives

  • Bizutage et rites de passage : conformité normative + obéissance au capitaine ou à l'entraîneur.
  • Dopage de groupe : normes implicites d'un vestiaire.
  • Le contexte d'un club (règles, capitaine, supérieur) peut pousser des personnes honnêtes à des actes qu'elles réprouvent.

Un bon encadrant installe des normes explicites, prévoit un canal de signalement et encourage les voix dissidentes.

🎯 À retenir

  • Influence informationnelle (incertitude) et influence normative (besoin d'acceptation) sont deux ressorts distincts.
  • Sherif (1935) : formation d'une norme de groupe sur une perception ambiguë.
  • Asch : une majorité unanime provoque des erreurs de conformité ; un allié dissident la réduit.
  • Milgram (1963) : 65 % d'obéissance maximale dans la condition de base ; dépend de la proximité et de la légitimité de l'autorité.
  • Ces études ont soulevé des questions éthiques qui ont façonné la recherche actuelle.
  • Prévention : normes explicites, signalement possible, leadership exemplaire.

⚠️ Erreurs fréquentes

  • Penser que 65 % désigne la population générale : c'est un résultat de laboratoire dans une condition précise.
  • Confondre conformité (se plier à un groupe) et obéissance (se plier à une autorité).

Pour s'entraîner

✅ QCM : Psychologie du développement, sociale et cognitive appliquée aux APS 🃏 Fiches

Calculateurs liés

← Développement socio-affectif et attachement Présence d'autrui : facilitation sociale (Zajonc), paresse sociale (Ringelmann) et comparaison sociale →