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Addictions, conduites à risque et psychopathologie sportive
Le sport protège souvent la santé mentale, mais il peut aussi masquer, déclencher ou entretenir des troubles. L'enseignant en STAPS n'a pas à diagnostiquer, il doit repérer et orienter.
Addictions et conduites à risque
Une addiction est un usage compulsif persistant malgré des conséquences négatives. Le DSM-5 (2013) parle de troubles liés à l'usage de substances et reconnaît le jeu d'argent pathologique comme trouble addictif. Chez les sportifs, on rencontre alcool (consommation excessive lors de fêtes, troisièmes mi-temps), tabac, cannabis, mais aussi compléments et produits dopants. Les repères de consommation d'alcool à moindre risque élaborés par Santé publique France et l'INCa (proposés en 2017, diffusés au grand public en 2019) recommandent de ne pas dépasser 10 verres standard par semaine ni 2 par jour, avec des jours sans alcool ; Santé publique France rappelle que le risque existe dès le premier verre. L'AUDIT de l'OMS (10 items, score 0-40) est un outil de repérage utilisé par les professionnels. La dépendance à l'exercice (Hausenblas et Downs, 2002) se caractérise par tolérance, sevrage, perte de contrôle et poursuite malgré les blessures ; elle n'est pas reconnue comme diagnostic officiel dans le DSM-5. Les conduites à risque (sports à risque, vitesse, consommation) s'inscrivent souvent dans la quête de sensations (Zuckerman) et l'adolescence, période de maturation différentielle des systèmes de récompense et de contrôle (Steinberg, 2008). Elles ne sont pas toutes pathologiques.
Troubles du comportement alimentaire et déficit énergétique
Les TCA (anorexie mentale, boulimie, hyperphagie) touchent surtout les sports esthétiques, de catégories de poids et d'endurance. Le RED-S (déficit énergétique relatif dans le sport, CIO 2014, mis à jour en 2018) décrit des conséquences sur les règles, les os, l'immunité et la performance. Signes d'alerte : perte de poids rapide, restrictions rigides, culpabilité alimentaire, entraînement compulsif, fractures de fatigue, arrêt des règles.
Burn-out et dépression
Le burn-out sportif (Raedeke et Smith, 2001) comporte trois dimensions : épuisement émotionnel et physique, sentiment réduit d'accomplissement, dévalorisation de la pratique (questionnaire ABQ). Il se distingue du surentraînement par l'importance des dimensions psychologiques. Une revue systématique narrative (Rice et al., 2016, Sports Medicine, 46(9), 1333-1353) conclut que les athlètes d'élite semblent avoir un risque globalement comparable à celui de la population générale pour l'anxiété et la dépression, avec des résultats moins cohérents pour les TCA, les substances et le stress, et une base de preuves limitée ; elle signale des périodes de vulnérabilité (blessure, fin de carrière, difficultés de performance). Le consensus du CIO (Reardon et al., 2019, British Journal of Sports Medicine, 53, 667-699) indique que les symptômes et troubles de santé mentale sont fréquents chez les athlètes d'élite, peuvent altérer la performance, et recommande d'agir sur l'athlète comme sur l'environnement d'entraînement.
Limites d'intervention
L'éducateur n'est ni médecin ni psychologue. Il écoute, évite les jugements, ne promet pas la confidentialité absolue lorsqu'une personne est en danger, et oriente vers le médecin du sport, le psychologue ou la structure appropriée. En cas de risque suicidaire, en France le 3114 (numéro national de prévention du suicide) est joignable 24h/24, et le 15 en urgence.
🎯 À retenir
- Repérer et orienter : l'enseignant ne diagnostique pas.
- Dépendance à l'exercice : tolérance, sevrage, perte de contrôle ; non reconnue comme diagnostic officiel du DSM-5.
- RED-S : déficit énergétique avec effets sur les règles, les os, l'immunité et la performance.
- Signes d'alerte TCA : perte de poids rapide, restriction, entraînement compulsif, fractures de fatigue.
- Burn-out sportif (Raedeke et Smith, 2001) : épuisement, accomplissement réduit, dévalorisation.
- Urgence suicidaire : 3114 (24h/24) et 15.
⚠️ Erreurs fréquentes
- Féliciter un athlète pour sa perte de poids sans en connaître les moyens.
- Promettre le secret total à un jeune en détresse : il faut parfois alerter pour le protéger.
Pour s'entraîner
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