L2
Immunité et inflammation
Le système immunitaire défend l'organisme contre les agents pathogènes et élimine les cellules anormales ou lésées. Deux grandes composantes coopèrent.
Immunité innée
Rapide (minutes à heures), non spécifique : barrières physiques (peau, muqueuses, pH gastrique, mucus), cellules (neutrophiles, macrophages, cellules dendritiques, cellules NK), complément, interférons. Elle reconnaît des motifs moléculaires communs aux pathogènes par des récepteurs de type Toll (TLR).
Immunité adaptative
Plus lente (jours), spécifique et dotée de mémoire. Lymphocytes B : production d'anticorps (immunoglobulines IgM, IgG, IgA, IgE) dirigés contre un antigène. Lymphocytes T : T CD4⁺ auxiliaires orchestrant la réponse, T CD8⁺ cytotoxiques détruisant les cellules infectées. La vaccination repose sur la mémoire immunitaire.
Inflammation aiguë
Les quatre signes cardinaux : rougeur, chaleur, tuméfaction, douleur (+ impotence fonctionnelle). Les cytokines (IL-1, TNF-α, IL-6) augmentent la perméabilité capillaire, recrutent les leucocytes ; la CRP, protéine hépatique de la phase aiguë, s'élève. Si la cause persiste, l'inflammation devient chronique avec lésions tissulaires.
Exercice et immunité
L'effort modéré régulier est associé à une réduction du risque d'infections des voies respiratoires hautes et à un état pro-inflammatoire de bas grade plus faible. Les efforts prolongés et intenses peuvent être suivis d'une phase de dépression immunitaire transitoire (la « fenêtre ouverte » de quelques heures, notion discutée dans la littérature récente). Lors d'une contraction, le muscle sécrète l'IL-6 (myokine) avec des effets métaboliques et anti-inflammatoires.
Règle pratique d'entraînement : en cas de symptômes limités au-dessus du cou, un effort léger peut être envisagé ; fièvre, courbatures généralisées, symptômes thoraciques : repos et avis médical. Les AINS pris pour limiter les courbatures peuvent retarder certaines adaptations et exposer à des risques (rénaux, digestifs) : usage sur avis médical.
Repères de terrain : un sommeil suffisant, une alimentation couvrant les besoins énergétiques et protéiques, la gestion du stress et une progression raisonnable des charges limitent le risque d'infection chez le sportif. La vaccination, l'hygiène des mains et l'absence de partage des bouteilles et serviettes en sport collectif réduisent la transmission. Un déficit énergétique prolongé (RED-S) est associé à une moindre résistance aux infections.
🎯 À retenir
- Immunité innée : rapide et non spécifique ; adaptative : lente, spécifique, avec mémoire.
- B = anticorps ; T CD4⁺ = chefs d'orchestre ; T CD8⁺ = cytotoxiques.
- Quatre signes cardinaux de l'inflammation : rougeur, chaleur, tuméfaction, douleur.
- CRP : marqueur hépatique de l'inflammation aiguë.
- Effort modéré régulier = protecteur ; effort extrême = baisse transitoire de l'immunité.
- Le muscle sécrète des myokines (IL-6).
⚠️ Erreurs fréquentes
- Assimiler inflammation et infection : l'inflammation existe aussi après un traumatisme ou un effort excentrique.
- S'entraîner intensément avec fièvre : risque cardiaque (myocardite) : repos et avis médical.
Pour s'entraîner
✅ QCM : Physiologie humaine générale 🃏 Fiches
Calculateurs liés
- Pression artérielle moyenne et pression pulsée
- Débit cardiaque et index cardiaque
- Ventilation totale et alvéolaire (espace mort)
- pH sanguin par Henderson-Hasselbalch
← Système endocrinien : axes hormonaux et métabolisme Thermorégulation →