L1
Le cœur : électrophysiologie, cycle cardiaque et ECG
Le cœur est une double pompe : cœur droit (circulation pulmonaire, basse pression) et cœur gauche (circulation systémique, haute pression). Il possède un automatisme propre : le nœud sinusal (sinoatrial) dépolarise spontanément à ~100 bpm, modulé par le SNA.
Conduction
Nœud sinusal, oreillettes, nœud atrioventriculaire (retard physiologique), faisceau de His, branches et réseau de Purkinje, ventricules. Le plateau du potentiel d'action ventriculaire (entrée de Ca²⁺) prolonge la période réfractaire et évite le tétanos cardiaque.
Cycle cardiaque (ventricule gauche)
- Remplissage : ouverture mitrale, remplissage passif puis systole auriculaire (~15-20 % du remplissage au repos, davantage à l'effort ou avec l'âge).
- Contraction isovolumétrique : toutes valves fermées, pression montante (bruit B1).
- Éjection : ouverture aortique quand la pression ventriculaire dépasse la pression aortique.
- Relaxation isovolumétrique : fermeture aortique (B2).
Le volume télédiastolique (VTD, ~120-140 mL au repos) moins le volume télésystolique (VTS, ~50-60 mL) donne le volume d'éjection systolique (VES, ~70 mL) ; la fraction d'éjection (VES/VTD) vaut normalement > 50-55 %.
Déterminants du VES
- Précharge (retour veineux, loi de Starling : plus le remplissage étire la fibre, plus la contraction est forte).
- Postcharge (pression aortique, résistance).
- Contractilité (catécholamines, inotropisme).
ECG
L'électrocardiogramme enregistre l'activité électrique : onde P (dépolarisation auriculaire), complexe QRS (dépolarisation ventriculaire, < 120 ms), onde T (repolarisation ventriculaire). L'intervalle PR (120-200 ms) reflète la conduction auriculo-ventriculaire. À l'effort, la FC dépasse 180 bpm chez le jeune ; l'ECG de sportif montre souvent bradycardie sinusale et signes d'hypertrophie bénigne. Les anomalies à l'effort relèvent du médecin du sport, jamais d'un auto-diagnostic.
Adaptations cardiaques à l'entraînement
L'entraînement en endurance augmente le volume télédiastolique et la masse du ventricule gauche (« cœur d'athlète »), ce qui élève le VES de repos et le VES maximal. La FC de repos baisse alors que le débit de repos reste proche de 5 L/min : la hausse du VES compense. La FC maximale, elle, ne s'élève pas avec l'entraînement. Une douleur thoracique, un malaise ou des palpitations à l'effort imposent l'arrêt de l'exercice et une consultation.
🎯 À retenir
- Automatisme sinusal intrinsèque ≈ 100 bpm, abaissé par le tonus vagal.
- Conduction : sinus, AV (retard), His, Purkinje.
- VES = VTD − VTS ; fraction d'éjection = VES/VTD (> 50-55 %).
- Starling : précharge élevée = contraction plus forte.
- ECG : P = oreillettes, QRS = ventricules (dépolarisation), T = repolarisation.
- Le plateau calcique empêche le tétanos du myocarde.
⚠️ Erreurs fréquentes
- Penser que la repolarisation ventriculaire est visible dans le QRS : elle correspond à l'onde T.
- Interpréter seul un ECG : la lecture relève d'un professionnel de santé.
Pour s'entraîner
✅ QCM : Physiologie humaine générale 🃏 Fiches
Calculateurs liés
- Pression artérielle moyenne et pression pulsée
- Débit cardiaque et index cardiaque
- Ventilation totale et alvéolaire (espace mort)
- pH sanguin par Henderson-Hasselbalch
← Système nerveux central et autonome Hémodynamique, pression artérielle et microcirculation →