L2
Fatigue, vigilance et rythmes de travail
La fatigue est un état transitoire de baisse des capacités, réversible par le repos. On distingue la fatigue physique (musculaire, métabolique), la fatigue centrale (baisse de la commande nerveuse) et la fatigue mentale ou attentionnelle. La fatigue chronique, qui ne se résorbe pas durant les périodes de repos, est un signal d'alerte pour la santé.
Mécanismes
La fatigue physique dépend de l'intensité relative de l'effort (pourcentage de la force maximale volontaire), de la durée et du temps de repos. Pour un effort statique, la durée de maintien décroît fortement avec l'intensité : un maintien à très haute intensité s'épuise en quelques secondes, tandis qu'un effort inférieur à environ 10 % de la force maximale peut être tenu longtemps, ce qui motive l'objectif ergonomique de limiter les efforts statiques. Ces repères sont des ordres de grandeur issus de la littérature, non des valeurs garanties.
Vigilance
La vigilance est la capacité de maintenir l'attention sur une tâche monotone. Elle décline dès la première demi-heure sur des tâches de surveillance (le vigilance decrement de Mackworth, années 1940). Elle est affectée par le manque de sommeil, la somnolence post-prandiale, les horaires atypiques et la monotonie. Le surveillant de baignade ou l'arbitre vidéo en subissent les effets.
Rythmes biologiques
Le rythme circadien module la température centrale, la vigilance et la performance : la performance physique est souvent plus élevée en fin d'après-midi, alors que le creux de vigilance se situe en début d'après-midi et surtout la nuit. Le travail de nuit, posté ou en horaires décalés perturbe le sommeil et est associé à des risques accrus pour la santé ; en France, la durée du travail et le repos obligatoire sont encadrés par le Code du travail (par exemple repos quotidien minimal de 11 heures).
Recouvrement et récupération
Un modèle simple de fatigue consiste à comparer le temps de travail à la durée de récupération nécessaire. En ergonomie, l'idée est de répartir les efforts : micro-pauses, rotation des tâches, alternance statique-dynamique, ajustement de l'intensité selon la FC.
Dans le sport
Le surentraînement, le jet-lag, la privation de sommeil et les compétitions décalées vers des horaires inhabituels (JO, coupes du monde) sont des problèmes de rythmes et de vigilance. Les indicateurs de suivi (qualité du sommeil, bien-être, variabilité de la FC) font partie du monitoring décrit dans le module d'évaluation de la performance, que l'on aborde ici sous l'angle de l'organisation du temps.
Erreur fréquente : traiter la fatigue uniquement par la motivation ou la volonté ; la conception d'un horaire, d'une séance ou d'un poste est un levier plus fiable.
🎯 À retenir
- Fatigue physique, centrale et mentale ; réversible par le repos, sauf si chronique.
- L'endurance statique décroît fortement quand l'intensité relative augmente.
- La vigilance décline vite sur les tâches monotones.
- Le rythme circadien structure vigilance et performance.
- Rotation, micro-pauses et alternance statique-dynamique réduisent l'astreinte.
⚠️ Erreurs fréquentes
- Croire que quelques cafés compensent une privation de sommeil.
- Ne mesurer que la fatigue physique en oubliant l'attention.
Pour s'entraîner
✅ QCM : Ergonomie, facteurs humains et technologies du sport 🃏 Fiches
Calculateurs liés
- NIOSH : limite de poids recommandée (RWL) et indice de levage (LI)
- Indice WBGT (stress thermique)
- Percentile d'une dimension corporelle
- Dimensionnement d'une hauteur de siège ou de poste par percentile
← Environnement physique : bruit, éclairage, vibrations et ambiance thermique Interface homme-machine, utilisabilité et ergonomie cognitive →