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Amplitudes articulaires et goniométrie
L'amplitude articulaire (ROM, range of motion) est l'étendue d'un mouvement entre deux positions extrêmes, mesurée en degrés avec un goniomètre. Elle peut être active (le sujet mobilise lui-même), passive (l'examinateur mobilise) ; la différence renseigne sur la force, la douleur ou la raideur. La mesure suit un protocole : position de départ neutre (0°), axe du goniomètre sur l'axe articulaire, bras fixe sur le segment proximal, bras mobile sur le segment distal.
Valeurs de référence (adultes, ordres de grandeur)
Les valeurs diffèrent entre les sources (AAOS, AMA, Kapandji) : ce qui suit est une moyenne indicative, cohérente avec les tableaux dérivés des valeurs AAOS que nous avons pu consulter (le manuel AAOS original n'a pas été relu : à vérifier avant tout usage clinique ou réglementaire).
| Articulation | Mouvement | Amplitude |
|---|---|---|
| Épaule | flexion / extension | ≈ 180° / 60° |
| Épaule | abduction ; rotation latérale / médiale | ≈ 180° ; 90° / 70° |
| Coude | flexion ; pronation / supination | ≈ 140-150° ; 80-90° chacune |
| Poignet | flexion / extension | ≈ 80° / 70° |
| Hanche | flexion ; extension | ≈ 120° ; 20-30° |
| Hanche | abduction ; adduction | ≈ 45° ; 30° |
| Genou | flexion | ≈ 135-150° |
| Cheville | dorsiflexion / flexion plantaire | ≈ 20° / 50° |
| Rachis cervical | rotation de chaque côté | ≈ 80° |
Repères de mesure et erreurs fréquentes
L'axe du goniomètre se place sur un repère palpable : acromion pour l'épaule en flexion, épicondyle latéral pour le coude, grand trochanter pour la hanche, interligne latéral pour le genou, malléole latérale pour la cheville. Les erreurs les plus fréquentes sont l'axe mal placé, le bras fixe qui suit un segment qui bouge, et les compensations : bascule du bassin ou cambrure qui majorent la flexion de hanche ou l'élévation du bras. Il faut aussi tenir compte des muscles biarticulaires : la hanche fléchit d'environ 120° genou fléchi mais nettement moins genou tendu, car les ischio-jambiers se tendent ; de même, la dorsiflexion est plus faible genou tendu (gastrocnémiens) que genou fléchi (soléaire). Répéter la mesure par le même examinateur, avec le même protocole, limite l'erreur ; la reproductibilité exacte dépend de l'articulation et n'a pas été vérifiée ici.
Facteurs de variation
L'âge (diminution), le sexe (femmes plus souples), la discipline (gymnastes, danseurs), l'échauffement, la température, la viscoélasticité des tissus et la morphologie osseuse. Une hypermobilité n'est pas toujours un atout : elle diminue la stabilité passive.
Exemple sportif : la dorsiflexion de cheville (de l'ordre de 10 à 15° en charge, seuil indicatif non vérifié) est utile à un squat profond ; le test « genou au mur » en fente la mesure en charge ; une limitation fait compenser par le talon décollé ou une flexion du tronc. Un joueur de tennis présente souvent une rotation médiale gléno-humérale diminuée côté dominant (GIRD), à surveiller.
Une amplitude très réduite ou douloureuse justifie un bilan par un kinésithérapeute ou médecin.
🎯 À retenir
- ROM mesurée en degrés avec un goniomètre à partir de la position 0° neutre.
- ROM active ≠ passive : la différence informe sur force, douleur ou raideur.
- Valeurs normales variables selon les sources : donner des ordres de grandeur.
- L'âge, le sexe, la discipline et l'échauffement modifient la ROM.
- Une dorsiflexion limitée perturbe le squat.
⚠️ Erreurs fréquentes
- Considérer qu'une valeur de référence est un seuil absolu.
- Comparer des ROM mesurées avec des protocoles différents.
Pour s'entraîner
✅ QCM : Anatomie ostéo-articulaire 🃏 Fiches
Calculateurs liés
- Longueur et masse des segments (tables de Dempster/Winter)
- Angle de Cobb simplifié
- Amplitude relative (% de la norme)
- IMC et T-score de densité osseuse
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