STAPS Hub

Cours › Psychologie du sport › Fixation d'objectifs : SMART et théorie de Locke & Latham

L1

Fixation d'objectifs : SMART et théorie de Locke & Latham

La théorie de la fixation d'objectifs (Locke & Latham, 1990, puis bilan de 35 ans de recherche en 2002) montre que des objectifs spécifiques et difficiles conduisent à une meilleure performance que des objectifs vagues (« fais de ton mieux ») ou faciles, à condition que l'individu y adhère et reçoive un feedback.

Mécanismes

  • Orientation de l'attention vers l'essentiel.
  • Mobilisation de l'effort.
  • Persistance.
  • Stimulation de stratégies adaptées.

Cinq principes de Locke & Latham

  1. Clarté (précision).
  2. Défi (difficulté réaliste).
  3. Engagement (adhésion, participation de l'athlète).
  4. Feedback sur la progression.
  5. Complexité de la tâche : pour une tâche complexe, privilégier des objectifs d'apprentissage ou de processus.

Critères SMART

Mnémonique issu du management (attribué à Doran, 1981 ; référence non relue), adapté au sport : Spécifique, Mesurable, Atteignable (ou ambitieux), Réaliste (pertinent), Temporellement défini. C'est une aide pratique plus qu'une théorie ; les variantes (SMARTER) ajoutent Évalué et Réajusté.

Types d'objectifs

TypeExemple en natation
RésultatFinir dans les trois premiers
PerformanceDescendre sous 58 s au 100 m
ProcessusGarder le coude haut à chaque cycle

Les objectifs de résultat dépendent des adversaires et sont moins contrôlables ; les objectifs de performance et de processus renforcent le sentiment de contrôle et la confiance. On combine un objectif à long terme et des objectifs intermédiaires. La synthèse de Kyllo & Landers (1995), portant sur 36 études, estime que fixer des objectifs améliore la performance sportive d'environ 0,34 écart-type, soit un effet de taille faible à modérée ; les objectifs modérés, absolus et combinant court et long terme apparaissent les plus efficaces. Un énoncé d'experts de 2026 (Swann et coll., Sports Medicine) estime d'ailleurs que la pratique s'appuie trop sur le seul cadre SMART et simplifie la fixation d'objectifs en activité physique.

Mise en pratique

Un objectif n'agit que s'il est accepté, suivi et réajusté. On le consigne par écrit, on définit l'indicateur et la date de revue, on découpe le chemin en étapes intermédiaires et on prévoit une réponse en cas d'échec (plan B). Le carnet d'entraînement sert de support au feedback ; l'entraîneur discute les objectifs avec le sportif plutôt que de les imposer.

Erreur fréquente : fixer uniquement des objectifs de résultat, ce qui augmente l'anxiété et la frustration en cas d'échec indépendant de la performance propre.

🎯 À retenir

  • Objectifs spécifiques et difficiles > objectifs vagues ou faciles.
  • Cinq principes : clarté, défi, engagement, feedback, complexité de la tâche.
  • SMART : Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste, Temporel.
  • Distinguer objectifs de résultat, de performance et de processus.
  • Le feedback et l'adhésion de l'athlète sont indispensables.
T = 50 + 10·Σ(wᵢxᵢ) / √(0,7·Σwᵢ² + 0,3·(Σwᵢ)²)
Goal Attainment Scaling (Kiresuk & Sherman), score T
  • xᵢ : niveau atteint de −2 à +2 (0 = résultat attendu)
  • wᵢ : poids de l'objectif i
📌 Trois objectifs de poids 1, scores +1, 0, +2 : Σwx = 3 ; dénominateur = √(0,7×3 + 0,3×9) = √4,8 ≈ 2,19 ; T ≈ 50 + 13,7 = 63,7.

⚠️ Erreurs fréquentes

  • Prendre SMART pour une théorie scientifique.
  • Objectifs trop difficiles et perçus comme inatteignables : effet démotivant.

Pour s'entraîner

✅ QCM : Psychologie du sport 🃏 Fiches

Calculateurs liés

← Imagerie mentale et préparation mentale Cohésion, dynamique de groupe (Carron) et leadership →